RSCE : n’oubliez pas les « petits » !
Quand on pense Responsabilité sociétale et culturelle de l’entreprise ou RSCE, on voit le plus souvent des projets de mécénat culturel d’une certaine envergure, conduits par des organisations culturelles institutionnelles ou étant conventionnés par les ministères de la Culture ou des collectivités territoriales.
Pourtant, toute une partie de la vie culturelle (souvent une grande partie dans les petites communes et les territoires ruraux) dépend de « petits » acteurs culturels, petits par leur taille et leur fragilité économique.
Il s’agit du monde des initiatives de terrain : associations de pratiques culturelles et artistiques en amateurs mais aussi compagnies de spectacles, d’ensembles de musique, souvent portés par de jeunes artistes sorti.es des écoles et conservatoires, plein de talent, d’idées et de conceptions esthétiques. Sur d’autres registres, on trouvera encore des groupes de musiques actuelles, des volontaires valorisant du patrimoine local y compris immatériel ou créant des festivals, montant des expositions, etc.
Tous ces acteurs agissent sous la même bannière caractérisée par l’adjectif « local » dans sa plus noble expression ! Ils émergent en porteurs de projets et s’inscrivent dans l’économie non marchande, mus par leur passion de faire et de partager au bénéfice de la collectivité.
On sait aussi combien ces animateurs de la vie locale contribuent à la diversité culturelle. On peut ainsi trouver sur un même territoire, un jeune groupe de métal, une chorale explorant le répertoire classique et un groupe d’accordéonistes !
Tous ces acteurs culturels sont les fers de lance de l’animation de la vie d’un territoire, portés par des personnes engagées mais qui manquent souvent de ressources, situation qui s’aggrave avec la baisse généralisée des subventions publiques. Ce monde des petites associations devient malheureusement trop souvent la variable d’ajustement des économies budgétaires publiques.
Bien que ces acteurs culturels ne puissent être reconnus d’utilité publique, ils peuvent cependant obtenir des services fiscaux la reconnaissance d’intérêt général qui leur permet de faire bénéficier les entreprises qui les mécènent de la réduction d’impôt.
Entreprises et acteurs culturels ont intérêt à coopérer, à monter des projets au service d’un territoire local et de son image (interne et externe). Ce tissu associatif est essentiel à la vitalité d’un territoire dont il incarne l’identité profonde, la fierté de ses habitants, mais aussi sa diversité. Il est facteur d’’attractivité. Il faut donc continuer de créer des passerelles entre ces animateurs de vie culturelle locale et les acteurs économiques.
De plus en plus d’entreprises l’ont heureusement compris. Notamment les PME locales qui jouent la carte de l’enracinement sur un territoire en soutenant des projets de ces « donneurs d’âme de la vie locale », parfois par l’intermédiaire de cercles de mécènes.
La plupart des grands groupes qui développent des services aux collectivités locales s’impliquent souvent davantage par des partenariats commerciaux qu’en responsables désintéressés de la vitalité-attractivité par la culture de ces territoires.
Manquent aussi à l’appel de grandes entreprises françaises dont les stratégies de marché sont nationales, européennes ou mondiales et qui pourraient faire plus et mieux. D’autant plus qu’il est possible de soutenir ces acteurs culturels dans des projets qui croisent la vie sociale avec la culture (animations en EHPAD, dans des hôpitaux ou des établissements scolaires…). Sans oublier que les contenus culturels sont porteurs de messages et qu’ils peuvent être davantage encore mis au service des problématiques du développement durable.
De même pourrait-on reprocher que trop de projets associatifs culturels et sportifs s’ignorent et restent, chacun, dans leurs couloirs respectifs, alors que les croisements peuvent être féconds.
Les responsables RSCE dans les entreprises ont ici aussi une responsabilité importante et bénéfique de rapprochement.